La Brie

Découvrir...

La Brie

Naissance de la Brie

Invasions et conquêtes religieuses

invasion romaineLes premiers hommes s’établissent près d’Etiolles, en bord de Seine 13.000 ans avant Jésus-Christ. Mais les défrichements de la Brie pour mise en culture ne sont entrepris 6.000 ans plus tard. De fait, des villages se constituent sur Blandy les tours, Mandres les roses, Sucy en Brie… A la jonction de la Seine et de la Marne, la tribu gauloise Parisii innove en commerçant avec les embarcations qui empruntent les cours d’eau. Au 1er siècle avant Jésus-Christ, les Romains envahissent et colonisent la région qu’ils intègrent à la province lyonnaise. Ils développent l’agriculture et le commerce, avant de devoir lutter contre les invasions barbares du 3ème. Les missionnaires chrétiens assurent la conversion des prisonniers.

Au 5ème, alors que les Francs occupent le nord de la France, leur roi Clovis s’empare de Soisson et occupe bientôt le bassin de la Seine ; il vit tantôt à Paris, tantôt à Bonneuil ou Chelles. En 511, son royaume prend le nom de Neustrie. En 639, son fils fonde l’abbaye de St-Maur à qui il donne ses terres de Boissy St-Léger, et un peu plus tard, celles de Sucy en Brie.

Tandis que Noiseau, Boissy et Sucy sont données à Notre dame de Paris au début du 9ème, Bry sur Marne est offert à l’abbaye de St-Maur en 861, par Bégon, comte de Paris et beau-frère de Charles le chauve. En contre-partie de leurs travaux de défrichement et d’évangélisation, les religieux bénéficient du droit de justice sur leurs terres. C’est à cette époque que les vikings arrivé sur Paris en 845, envahissent la Brie jusqu’à Melun, avant de remonter sur Meaux en 890. Le traité de St-Clair sur Epte met un terme au conflit en 912, avec la création du duché de Normandie, propriété des Anglais.

Au 11ème, la Brie est toujours possession royale, délimitée à l’est par le comté de Champagne et au sud par les terres du comte de Blois. Des forteresses de pierre sont construites pour protéger les frontières à Queue en Brie, Melun, Tournan, Nangis, Grandpuits, Ozouer, Provins. Là, bien que champenois, le vicomte Henri Britaud reste fidèle au royaume de France.

En 1112, l’abbaye clunisienne St-Martin des champs possède Marolles. Louis VI le gros crée vers 1115, la léproserie du Jard près de Voisenon. Puis en 1130, il fonde l’abbaye de l’Yerres pour les dames de St-Benoit et donne à son fils Robert des terres de Brie qu’il érige en comté. Son frère, Louis VII, remarié avec Alix de Champagne, vient chasser dans les bois de Melun. Vers 1180, la reine Alix confie Jard à l’abbaye St-Jean-Baptiste.

Alors que la campagne est plus peuplée que le royaume lui-même, Blandy les tours est édifiée pendant le 13ème, et les templiers s’installent à Santeny et Savigny le temple.

Période d’épreuves

Au début du 14ème, par deux reprises, les récoltes de céréales sont catastrophiques, générant la disette. Puis la peste noire s’abat sur le pays, en 1348, 1361, 1363, 1366 et 1368. S’y ajoute, dès 1346, les conflits pour le trône, opposant Philippe de Valois, cousin du roi défunt Philippe le bel, et Edouard III d’Angleterre, petit-fils du même roi disparu. Les troupes de Charles de Navarre, arrière petit-fils de Philippe le bel opposé au roi, se transforment en pillards depuis Melun. Mais en 1358, les paysans se révoltent contre le royaume. Bertrand du Guesclin est chargé d’anéantir l’opposant et Melun devient l’une des résidences favorites du roi. Charles V, dit le sage, sacré en 1364, fait construire le château de Viviers en Brie.

En 1408, l’assassinat du duc d’Orléans lancent les hostilités entre les Armagnacs et les Bourguignons, hostiles au royaume. Ainsi, Philippe le Hardi s’empare de Brie comte Robert en 1410, puis son successeur Jean sans peur prend Lagny et pille la Brie en 1416. A Pouilly, il s’allie à Charles VII, désavoué par son père, mais le roi d’Angleterre, Henri V, en profite pour devancer ses projets ; il s’empare de Paris, épouse Catherine, la fille du roi Charles VI, et offre Brie comte Robert à sa belle-mère. Charles VII trouve refuge à Bourges, tandis qu’Armagnacs et Anglais continuent à se disputer le territoire. Blandy les tours, confiée en 1422 au capitaine Jean de Courcelle, est libérée par les troupes de Jeanne d’Arc en 1430, tout comme Melun et Lagny.

A partir de 1440, de nouveaux seigneurs apparaissent en Brie, anciens officiers ou serviteurs du roi. Ils reçoivent des terres qu’ils mettent en fermage.

Réforme et guerre civile

Enfin de retour, la paix permet la construction ou l’embellissement d’églises. Pour nourrir les 300.000 habitants de Paris, la Brie développe son agriculture avec cultures de légumes, plantes fourragères, prairies, élevage. Puis les riches placent leurs enfants en nourrice pour les éloigner des miasmes de la ville. Conseillers du parlement et de la chambre des comptes acquièrent eux-aussi des terres en Brie constituant de nouvelles seigneuries. Fontenay-Tressigny est donné par François 1er et le domaine échoit aux Prudhommes qui bâtissent le château des Sources.

Mais depuis le début du 15ème, les textes bibliques sont traduits, imprimés à Meaux et distribués au peuple,. Alors le clergé et le royaume, craignant pour leur pouvoir, commencent à persécuter les « infidèles » – les protestants. Les massacres de 1562 initiés par le duc de Guise officialisent les hostilités. L’amiral Coligny, converti au protestantisme, coupent la route de la capitale vers la Brie, afin d’affamer le royaume. Dès 1562, les mauvaises récoltes se succèdent.

Profitant d’une accalmie, le château des Sources est acquis en 1570, par le béarnais Jean Nogaret de la Valette, lieutenant général du roi. Son fils, favori du roi de France Henri III, sera fait duc d’Epernon.

Campagne aristocratique

Noblesse de robe ou de sang recommencent à acheter des terres en Brie dont la production s’écoule aisément sur la capitale. Ainsi Nicolas de Harlay, propriétaire du château de Grosbois et du Piple, rafle les terres de Boissy en 1599. Les Ormesson achètent le château Picot à Santeny, puis les terres de Noiseau, Chennevières, et Queue en Brie en 1632. Claude Violle, maître ordinaire de la chambre des comptes, se fait construire un château à Guermantes. Le financier Nicolas Lambert se fait ériger un château dominant la Seine à Sucy. Pourtant, dès 1649, début de la fronde, la Brie est agitée aux portes de Paris entre les parlementaires organisateurs et le pouvoir royal. Mazarin envoie son procureur général, Nicolas Fouquet, constituer des réserves de blé en Brie. Granges, greniers, maisons sont pillés et incendiés et les vignes dévastées par les frondeurs. L’hiver suivant, particulièrement glacial, sème la famine.

La Fronde à Brie comte robertQuand Condé prend la tête des frondeurs en 1652, les conflits durent 6 mois et détruisent les récoltes de Brie et d’Hurepoix. S’ensuivent famines et épidémies. Les 2/3 de la population est emportée. L’opposition vaincue, Fouquet, devenu surintendant des finances, se fait bâtir un palais à Vaulx le vicomte en 1657. Il n’en profitera pas, arrêté en 1661 sur ordre du roi, fou de jalousie. Dès lors, Louis XIV organise le pouvoir central et met en place des circonscriptions administratives pour contrôler la vie des villages et villes. Son intendant veille au respect des règles.

De nouveaux châteaux sont construits au 18ème : Jossigny, Champs sur Marne, Grand-val… ce qui profite aussi aux habitants qui y trouvent de nouveaux emplois : domestiques, jardiniers, garde-chasse, cuisiniers… et le nombre d’artisans croit également. Le comte de Provence, frère de Louis XVI achète Grosbois pour que le roi puisse chasser sur ses terres, tandis que Grand-val, à Sucy, reçoit Diderot. Mais en 1775, l’Est de la France connait la sécheresse et affame le peuple qui se soulève à Melun et Brie comte Robert. Puis en 1783, il n’y a pas de vin pour faire tourner les moulins et la Seine gelée pendant l’hiver empêche tout trafic fluvial.

Révolution et renouveau

Décision du 4 août 1789, les 60 abbayes de la Seine et Marne sont dépossédées de leurs biens. Celles du Jard et des Hyverneaux sont détruites. Celle de Yerres est vendue au fabricant Baudier qui installe son atelier dans le cloître et démolit l’église en 1795. Le prieuré de St-Thibault est transformé en château en 1791. Les nobles fuient, ou retirent leur particule de leur nom pour échapper à la condamnation. Les dénonciations pleuvent et les personnages sont guillotinés. 200 châteaux sont ensuite saisis, détruits, ou revendus par morceaux. Seul le château de Vaulx, propriété des parisiens Choiseul-Praslin n’est pas classé bien national.

A Brunoy, la ferme de Monsieur, frère du futur Louis XVIII, est divisée en 206 lots et vendue. Celle de Mandres est acquise par un riche agriculteur de la Somme. D’une manière générale, le château attenant à l’exploitation est rigoureusement rasé.

Après la période de la terreur, les propriétés continuent d’être confisquées et cédées à des comédiens, politiciens, militaires et bourgeois. Ainsi Talleyrand acquiert le château de Bry sur Marne, et Amira, sœur du général Marceau, le prieuré de Marolles… Les militaires qui possèdent déjà un domaine le conservent : le général La Fayette au château de la Grange de Courpalay, l’amiral Bougainville au château de Suisnes,… A Lagny, fait exceptionnel, le château échoit à la nourrice du roi de Rome en 1811, Victoire-Joséphine Molliex-Gozé.

La paix rétablie, des notables financent des œuvres et des écoles pour jeunes filles. Puis le train amène de nouvelles populations à Villiers en 1857, Brie comte Robert en 1867. Les exploitations agricoles sont modernisées, et deux fabriques de porcelaine ouvrent à Rubelles et Etiolles. Prémices du siècle des loisirs, les premières guinguettes font leur apparition à Chenevières.

Périodes troublées

Invasions prussiennes

En 1870, les Prussiens, après la défaite à Sedan de Napoléon III, s’apprêtent à envahir la France. Paris réquisitionne 500 vaches laitières, 100.000 bœufs, 500.000 moutons, plusieurs tonnes de blé et seigle, plusieurs wagons de farine. Moins d’une semaine plus tard, les Prussiens envahissent la Brie et les villageois sont les premières victimes de pillage. Jules Favre rencontre le comte de Bismarck au château de Haute-maison, près de Montry en septembre, puis encore au château de Ferrières. En vain, c’est le siège de Paris. Les conflits se poursuivent jusqu’à mai 1871, non sans détériorer les châteaux de Santeny, Ormesson, Grosbois, Villecresne, Mandres, Périgny, Crosnes, du Piple… La Brie reste occupée jusqu’au paiement à la Prusse du premier demi-milliard sur les cinq négociés.

Ensuite, les ponts sont progressivement reconstruits et les voies ferrées multipliées. Cela profite au commerce, notamment les roses de Grisy qui sont livrées à Bastille. Le tramway rallie Noisy le grand par Nogent en 1901. Parallèlement, l’urbanisation et l’industrialisation donnent une nouvelle orientation à la Bire. Les brasseries Grübber s’installent à Melun en 1880, le syndicat des pharmaciens également en 1907. A Noisiel, le chocolatier Jean Menier remporte des récompenses. Son fils emploiera jusqu’à 2000 personnes. A Blandy, l’inventeur du béton armé, Joseph Monier, refait l’escalier du donjon entre 1884 et 1889. En 1881, Pasteur inocule le virus charbonneux à 60 moutons et 10 bœufs pour tester son vaccin à Pouilly le fort. Le pilote Clément Ader choisit Gretz-Armainvilliers en 1890 pour tester son premier engin volant. La première moissonneuse lieuse est présentée au fief des Epoisses en 1878 devant 20.000 personnes ! La Brie est également dotée d’équipement électrique, téléphonique, et d’approvisionnement en eau potable.

Cette ébullition d’innovation permet l’éveil social et de ses revendications. A Mormant-Nangis, une grande grêve se finit dans le sang en 1908. Mais la catastrophe vient des débordements de la Seine et de la Marne en 1910. La Seine atteint 5,90m à Melun, 4,84m à Montereau… toutes les villes de rivage sont inondées.

Première guerre mondiale

En 1914, l’histoire se répète, les Allemands envahissent la France. Les ponts et les bateaux de la Marne sont détruits pour freiner leur avancée. Les armées françaises et britanniques établissent leurs quartiers généraux dans les châteaux de Brie. Les 1.200 taxis de la Marne sont réquisitionnés pour approvisionner Dammartin. De là, l’armée espère pouvoir piéger les Allemands sur la ligne du front dessiné par Morcerf, Hautefeuille, Touquin, Nesles, Voinsles, Vauday. Le général Von Klück est bientôt pris en tenaille au nord et le général Von Bülow au sud. Pendant les années suivantes, les châteaux de Gretz-Armainvilliers et Vaulx le Vicomte, ainsi que l’école d’Alembert de Montévrain, sont transformés en hôpitaux. Le haut commandement s’installe au château de Bombon pour conduire l’offensive finale.

Seconde guerre mondiale

Dès le début du conflit, les Allemands envahissent la Picardie et la Champagne. Les réfugiés des pays du nord traversent la Brie, en quête de terres d’accueil. Depuis le printemps 1939, le château du Piple héberge des services secrets anglais ; Vincennes et la Ferté sous Jouarre sont des QG militaires et le château de Ferrière héberge l’état-major. En mai 1940, la population fuit les bombardements allemands. Paris-Melun et Paris-Provins deviennent des routes d’exode. Pour l’armée française, mal préparée pour affronter la force de l’ennemi, c’est la débâcle. Les Allemands entrent dans une capitale désertée le 14 juin 1940.

Les services de transmission de la Luftwaffe s’établissent dans le château de Gretz, tandis que Brie comte Robert devient le centre du marché noir. Puis la résistance s’organise à partir de 1943. Peu avant la libération, les Allemands détruisent tout ce qu’ils peuvent. Le château de Croissy-Beaubourg, acheté au 19ème par la compagne de Frantz Listz, est dynamité et incendié en 1944. Idem pour le château de Rentilly et le hameau de Bussy St-Martin. Puis les alliés bombardent les gares de Villeneuve St-Georges, St-Germain les Corbeil, Grandpuits, Tournan. Au sol, arrivant de Montgeron, la 3ème armée de Patton libère Brunoy, puis Melun, Combs la ville, Lagny, Provins, Meaux. Un commandement provisoire s’installe au château de Gretz.

Et après…

Durant le terrible hiver de 1954, l’abbé Pierre achète la villa « Sans gêne » au Plessis-Trévise pour y accueillir des miséreux. En 1960, le général de Gaulle fait aménager le château de Champs pour recevoir des chefs d’états africains.

Envie de vivre une Aventure dans la Brie ?…

  • Voir tous nos circuits à travers la Brie.